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Carnaval et Mardi gras
Nicole Giet
Le mot carnaval vient du latin « carne levare » ce qui veut dire « supprimer la viande » et logiquement on pourrait imaginer que cette période soit régie par des préceptes stricts en matière de nourriture et de boisson. Pourtant il n’en n’est rien ; durant toute la période carnavalesque qui s’étend de l’Epiphanie jusqu’au à la veille du Mercredi des Cendres, l’Eglise n’impose aucune règle sur la nourriture et la boisson. Ce n’est que le lendemain des festivités du carnaval que s’appliquent les consignes de jeûne et d’abstinence.
En ancien français, le Mardi Gras était appelé « Carême Prenant » et soulignait ainsi que c’était la dernière occasion de faire bombance avant d’entamer les 40 jours maigres qui conduisent à Pâques. On tuait le « bœuf gras » et c’était donc une journée d’abondance et de joie durant lequel on festoyait pour finir la viande, les œufs et la graisse. La tradition subsiste encore dans certaines contrées où l’on prépare des crêpes comme à la Chandeleur mais plus souvent encore des beignets.
Le Mardi Gras est devenu synonyme de fête débridée durant laquelle tous les excès sont permis et pour mieux en profiter, on prend l’habitude de se déguiser : Derrière un masque toutes les barrières de sexe, d’âge, de richesse disparaissent. C’est un temps de divertissement, de réjouissance qui répond au besoin d’oublier les ennuis de la vie quotidienne avant d’entrer dans l’austérité du carême.
Le carnaval est le symbole même de la fête populaire qui se veut intemporelle et universelle. Un jour par an, le monde marche à l’envers, chacun peut faire le fou. Peu importe les rites ou les pratiques, les lieux ou les époques, le peuple s’octroie à lui-même la licence de se défouler et de battre en brèche la morosité, l’esprit de sérieux et de profit qui tend de plus en plus à envahir chaque instant de l’existence.
La Wallonie est terre de carnavals…Eupen, Marche, Malmedy, Fosses-la-Villes, Stavelot et surtout Binche….où la ville le prépare durant toute l’année. Le Mardi Gras est l’apothéose des festivités et le seul jour où les Gilles sortent vêtus de leurs costumes rembourrés de paille, ornés de lions, blasons, étoiles aux couleurs nationales, chaussés de sabots et coiffés de leurs majestueux chapeaux à plumes d’autruche. La fête se clôture par un moment magique à la tombée de la nuit lors du rondeau des Gilles qui, au son des tambours, martèlent le sol sur un rythme envoûtant.
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