Arlette Gebara Gelin
Chers frères et sœurs dans le Christ,
Nous voici partis dans la période du Carême. Quel grand mot que ce carême ! Mais sa portée c’est quoi exactement ? Cela veut-il dire que nous devons prendre une mine triste ? Une mine de quelqu’un qui se prive, qui jeûne ? NON, pour moi il ne s’agit pas seulement de jeûner, de ne pas manger de viande ou de se priver de dessert… Car après tout que nous apportent toutes ces privations ? Quelle joie en tirons-nous ?
Cette période devrait aussi et surtout nous apprendre à donner aux autres. Pas des miettes de pain mais une offrande qui aide les plus démunis, une offrande qui nous vient du cœur. La terre tourne à l’envers, elle va si mal et, c’est vrai, tout le monde a des difficultés… mais il y a plus mal lotis que nous. Faisons de cette période un moment de joie, de sourire, de partage et de prière. Elles sont si belles ces prières, ces louanges. De par ces rencontres au sein de notre Eglise byzantine, nous nous préparons à la grande semaine sainte en passant bien sûr par la fête des Rameaux.
Nous avons, depuis de nombreuses années, soutenu l’Orphelinat de Jabboulé. Pourquoi cette institution plutôt qu’une autre ? Tout simplement parce que les religieuses font une œuvre de toute merveille. Elles accueillent des enfants chrétiens mais aussi musulmans. Elles leur inculquent le respect des uns vis à vis des autres. Pas de bourrage de crâne, vivre simplement en harmonie et bonne entente. Beaucoup de parents ont peu de moyens, l’école coûte cher et l’Etat met des années à leur verser les subsides pour les élèves. Du coup, les religieuses ont des difficultés à payer leurs instituteurs. Ceux-ci doivent pourtant vivre, subvenir aux besoins de leurs enfants et les éduquer…
Comme pour la nature, nous élaguons les arbres dès la fin de l’hiver afin qu’ils portent des fruits, des fleurs et qu’ils embaument notre vie. Nous devons nous aussi tailler, élaguer et rejeter au loin nos mauvaises habitudes, nos penchants qui souvent empoisonnent nos existences. Nous vivons dans un monde bruyant, sonore et nous ne pensons même pas à éteindre la radio, la télé !! Avons-nous dans ce monde fou un instant de calme, de silence pour nous recentrer sur l’essentiel, c'est-à-dire laisser la route libre à la présence de Dieu ? Comment voulons-nous l’entendre ? Nous sommes entourés de personnes qui trouvent ou remplissent leurs journées à cancaner, à détruire, sans le vouloir peut-être, la réputation des autres. Et couper dans ses mauvaises habitudes ce qui nuit aux autres est le début du partage de notre temps, de nos biens, de l’écoute de l’autre. Chacun dans sa vie a des moments de tristesse, de solitude, de cafard. Ouvrons donc nos yeux afin de déceler chez les autres ce fardeau qu’ils tirent malgré eux avec eux.
Partageons ensemble cette si belle prière :
« Jésus est ressuscité ! Alléluia ! »
Nous restons unis dans le Christ. Portons-nous les uns les autres sur le chemin de Pâques.